Fonctionnement d’un lombricomposteur

Les lombricomposteurs sont des écosystèmes à part entière.
Ils contiennent non seulement des vers épigés (qui vivent naturellement dans la couche supérieure des sols : Eisenia fetida, Eisenia andrei, …) mais aussi tout un tas de microorganismes nécessaires à la dégradation des déchets végétaux (bactéries, champignons, colemboles, acariens, …).

L’écosystème doit être maintenu en équilibre pour un fonctionnement optimum et éviter les nuisances.

Eisenia Fetida

Eisenia Andrei

Collembole

Enchythréides

Mycélium

Acarien

Collemboles et acariens

Cocon et bébé ver

L’aération :

Les organismes vivants dans un lombricomposteur ont besoin d’oxygène.

Vous pouvez si possible laisser le robinet du bac à jus ouvert (avec un récipient dessous) pour assurer une meilleure aération, ou encore faire des cheminées dans la litière.

La lumière :

Les organismes vivent dans l’obscurrité.
Enfermés dans le lombricomposteur, ils n’ont pas de problème.

Il faut tout de même éviter de le placer au soleil qui chauffe les surfaces.

La température :

Les vers de compost meurent en dessous de 0°C et au dessus de 35°C. En dessous de 5°C les vers hibernent. Au dessus de 30°C, ils souffrent de la chaleur.

La plage de température optimale pour l’efficacité des vers est entre 15°C et 25°C.

Il y a généralement quelques degrés de plus à l’intérieur du lombricomposteur, à cause de la décomposition des matières qui génère un peu de chaleur.

L’emplacement du lombricomposteur est donc primordial.
Il ne doit pas être placé en plein soleil sous peine de dépasser rapidement la température maximale (surtout en été).
Si vous le placez à l’extérieur, il faudra veiller à ce qu’il ne subisse pas le gel l’hiver (il peut être protégé par une couverture, des matières isolantes s’il ne fait pas trop froid).

L’emplacement idéal est donc à l’intérieur, dans un endroit frais à tempéré.

L’humidité :

Le milieu doit rester humide sans pour autant être trop humide. Il est conseillé de disposer un tapis d’humidité au dessus des déchets pour éviter l’assèchement en surface (couverture en fibre de coco ou serpillière ou chiffon à la taille du lombricomposteur).

Aussi, il faudra veiller à réguler l’humidité pour éviter des soucis (moucherons, fermentation) en apportant du carton, du papier, … qui pourront absorber l’humidité. Ces ajouts de carton ou papier serviront également à équilibrer l’écosystème en apportant du carbone.

L’acidité :

Le milieu doit avoir un pH (mesure de l’acidité) constant.

La décomposition de la matière organique va naturellement acidifier le milieu. De plus certains aliments peuvent apporter une acidité forte qu’il est plus difficile de contrôler.

L’ajout régulier de coquilles d’oeufs broyées finement en poudre va apporter un “pouvoir tampon” au milieu. Elles sont composées de carbonate de calcium qui se dissout dans les milieux acides.

Les apports de nourriture :

La décomposition de la matière organique doit disposer de carbone, d’azote, d’humidité, d’oxygène, … pour bien fonctionner et éviter les nuisances (odeurs, ..)

Les déchets verts (épluchures, …) sont riches en azote. Le carton/papier, composé de cellulose est riche en cabone.

Il faut apporter autant de déchets issus de la cuisine que de papier/carton (en volume).

Cetains déchets sont à éviter, d’autres à proscrire :

La transformation des déchets en lombricompost :

Les déchets fraîchement déposés sont d’abord attaqués par les bactéries, champignons, collemboles et acariens.

Les vers mangeront les résidus de cette première décomposition. Ils se nourriront tant qu’il y aura à manger pour eux. Lorsque le système sera bien lancé, les vers se déplaceront progressivement vers le haut pour atteindre les niveaux où la nourriture est plus abondante.

La dégradation des déchets verts va libérer l’eau qu’ils contiennent. Il n’est donc pas nécessaire d’arroser les déchets du lombricomposteur.

Avec un certain taux d’humidité, le lombricomposteur produit du jus (on peut gérer cette production avec plus ou moins de carton). C’est l’eau libérée par les déchets qui traverse les couches du lombricomposteur pour donner le « thé de vers ».

Lorsqu’un plateau est plein, on en ajoute un vide au dessus. Les plateaux étant percés, les organismes peuvent accéder facilement à l’étage supérieur.

Au bout de 4 à 6 mois, le contenu du plateau contenant les premiers déchets a totalement été transformé en lombricompost prêt à être récolté.

Le lombricompost

Après environ 4 mois les déchets seront transformés en une matière brune, de couleur homogène et d’une consistance qui dépendra du taux d’humidité.
On ne doit plus reconnaitre les déchets. Si des déchets sont encore présents car plus longs à décomposer (épluchures de pommes de terre, ..), vous pouvez les remettre dans le plateau supérieur avec les déchets frais.
Plus les apports sont riches en carton brun, plus la consistance est granuleuse, agréable au toucher et facile d’utilisation : pour obtenir cela, beaucoup de carton !

Il est normal de trouver encore quelques vers qui continuent de vivre dans le lombricompost.
S’il reste des vers en grande quantité dans ce dernier plateau, c’est que le compost n’est pas totalement mur. Vous pouvez donc encore laisser quelques temps ou le retirer et le laisser murir dans un autre contenant (une jardinière par exemple).

Il n’est pas gênant de laisser les vers dans le lombricompost récolté.

Le thé de vers :

Aussi appelé « Lombrithé », ou « thé de compost », ce jus est un engrais liquide très concentré. Il faut le diluer au 1/10 (minimum) pour l’utiliser lors de l’arrosage de vos plantes.

Il contient des champignons et bactéries utiles à la vie du sol et au système racinaire des plantes. Il faut donc l’utiliser rapidement si possible et le stocker dans un récipient ouvert car les organismes présents ont besoin d’oxygène.

8 Commentaires

  1. bonjour,
    je viens de commencer le compostage dans un composteur en bois que j’ai fait 85x50x100
    j’ai des dechets de cuisine avec le sopalin, serviette paier et déchets+/- verts branche de chênes et bientôt coupe de laurier et de petits arbustes de jardin + feuilles de chêne + terreau de feuilles de chêne pris sous les chênes, et je vais ajouter des vers
    faut-il ajouter du carton, car la cellulose des petites branches passées au composteur font office ce cellulose ?
    merci

    Réponse
    • David RG

      Bonjour Brutin,
      J’imagine que vous parlez d’un composteur posé dans le jardin (sans fond, donc en contact direct avec le sol). Dans ce cas, aucun problème.
      Par contre, si vous parlez d’un lombricomposteur, ce n’est pas la même chose (pas de contact entre les déchets et le sol, pas de migration d’organisme possible avec le sol).
      Pour le lombricompostage, les feuilles de chênes sont déconseillées car elles contiennent des substance anti-bactériennes qui ralentiraient le fonctionnement du lombricomposteur.
      De plus, les branches (même passées au composteur, contiennent de la lignine, qui n’est pas la même chose que la cellulose (la lignine est beaucoup plus résistante). Les branchage n’ont pas le temps de se décomposer dans un lombricomposteur alors que dans un composteur de jardin, pas de problème.

  2. Bonjour,

    Je vais vivre au Kenya et j’aurais aimé mettre en place le lombricompostage, d’autant plus que là bas je consomme énormément de fruits et légumes. Jusqu’à présent en France, j’avais un compost standard de jardin, ce qui ne sera pas possible là-bas car je vivrai en appartement. Pensez-vous que les lombrics survivraient à la chaleur?

    Merci pour vos conseils

    Réponse
    • David REGNIER GARNELO

      Bonjour Camille,
      Il y a des vers sous tous les climats, évidemment, les espèces sont différentes et adaptées….
      https://plus2vers.com/fr/espace-ressources/especes-vers-utilises-lombricompostage/

      en théorie, le lombricompostage est possible partout, si on respecte les conditions de vie des petites bêtes.

      Vous pourrez donc je pense trouver sur place les bons vers dans la nature (piège à vers, …).

  3. Bonjour. Je veux commencer à me faire mon propre compost. Je n ai rien du tout pour le faire. Qu est ce que je dois me procurer? Est ce des bacs de plastique? Et quoi encore? J ai des déchets en très grande quantités. Comment je dois m y prendre? Merci de bien vouloir m aider à démarrer.

    Réponse
  4. Bonjour,

    Je vais bientôt me fabriquer un lombricomposte en seaux plastiques (de récupération).

    Mais il y a un point où je ne comprend pas :

    – Il y a 3 seaux : un pour la matière fraîche, un pour celle en décomposition et un pour le jus (jusque là ok j’ai compris) MAIS quand le bac de matière fraîche est plein je procède comment ? Je dois ajouter un 4ème bac au dessus ? (ça c’est ce que j’ai compris)

    Je vous remercie d’avance pour votre réponse ! En attendant il faut que je récupère des seaux ! 😉

    Réponse
    • David REGNIER GARNELO

      Bonjour,
      D’abord, avant de fabriquer un lombricomposteur, il faut comprendre que l’un des facteurs les plus important est l’AERATION du système.
      Les seaux à empiler ne sont pas idéals mais toujours réalisable avec une bonne aération (trous de 1 à 2 mm).

      Pour le principe :
      Le bac du bas récupère le jus, il ne doit pas être percé.
      Au dessus, un premier bac percé (pour l’écoulement du jus et passage des vers : trous de 5 à 6 mm). Avec un couvercle percé de trous d’aération.
      On commence à remplir ce bac.
      Quand ce bac est plein (ou assez plein) on place un bac vide percé (comme le premier bac) par dessus, et on continue de remplir dans celui-ci.
      Et ainsi de suite le temps que la matière du premier bac soit transformée et prête à être récoltée. En vidant ce bac, vous aurez un bac vide à placer au dessus des autre lorsque cela sera nécessaire.

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Alain Galy a créé la Chaîne du lombricompostage facile sur Youtube. Ses nombreuses vidéos peuvent vous aider, quel que soit votre niveau de pratique dans le lombricompostage.

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